A Saint-Denis, le village des orfèvres du bâtiment
M le magazine du Monde
Texte Marie GODFRAIN
Photo Felipe ROMERO BELTRAN
“Inscrit aux monuments historiques, le site de l’ancienne manufacture de l’orfèvrerie Christofle, à Saint-Denis, a été racheté en 2019 par Romain Gazzola. A la tête d’une entreprise familiale de maçonnerie de luxe, le dirigeant veut faire de ce lieu d’exception une vitrine des métiers spécialisés dans les chantiers haut de gamme.
Tous les matins, Romain Gazzola emprunte le même trajet pour rejoindre l’entreprise familiale de maçonnerie de Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise) de son domicile de la place de Clichy, à Paris, vérifiant, plus par habitude que par nécessité, son logiciel de navigation Waze avant de prendre la route au volant de sa Citroën Picasso grise. Mais en ce début d’année 2019, alors que la crise des « gilets jaunes » bat son plein, l’application le déroute et lui recommande de suivre les quais de Seine. Bloqué dans les embouteillages, il laisse son œil vagabonder quand son attention est attirée par un étonnant ensemble de bâtiments rouge brique décatis sur le bord de la route.
Il décide alors de se garer en double file dans cette zone en friche du quartier de Pleyel-Confluence, à Saint-Denis, et de partir à la découverte du site. « Au bout de cinq secondes, j’ai su que je voulais créer ici un lieu qui réunirait les entreprises de notre groupe, un modèle calqué sur les anciens faubourgs ou les bottegas italiennes de l’Antiquité et de la Renaissance : ces endroits réunissaient différents corps de métiers de la construction et des arts décoratifs, mais aussi des mathématiciens, philosophes et artistes comme Raphaël ou Léonard de Vinci », explique le jeune entrepreneur d’origine italienne.
Son arrière-arrière-grand-père Eugenio Gazzola, maçon immigré né à Piacenza (Emilie-Romagne), entre Milan et Parme, s’installe à Paris au début du XXe siècle. Chaque génération étoffe l’entreprise déjà spécialisée dans la maçonnerie haut de gamme et les chantiers d’exception, comme le rocaillage du bois de Vincennes.” Extrait de l’article